Brélaz: «Lausanne n’est pas Bâle!»

AVENIR DE BEAULIEU • Le groupe MCH menace de retirer ses billes de Beaulieu arguant que les conditions-cadres pour son exploitation ne sont plus réunies après le refus de Taoua par les Lausannois. Le syndic Daniel Brélaz calme le jeu.

  •  Avenir du site de Beaulieu: Daniel Brélaz se montre constructif. VERISSIMO.

    Avenir du site de Beaulieu: Daniel Brélaz se montre constructif. VERISSIMO.

Le directeur général de MCH Group, René Kamm, estime que les conditions-cadres qui ont prévalu à la reprise de l’exploitation de Beaulieu ne sont aujourd’hui plus réunies. Que répondez-vous à cela?

Les conditions-cadres qui ont été définies prévoyaient un calendrier. Si le référendum concernant Taoua avait été accepté, et qu’un opposant ait alors tout de même décidé d’aller jusqu’au bout des procédures, en recourant par exemple jusqu’au Tribunal Fédéral, ça aurait pu durer en gros 5 ans. Il était donc prévu, dans ce calendrier, pour se laisser une marge, que Taoua serait mise en service fin 2021. Le peuple lausannois a choisi de dire non, certes, mais nous restons dans les délais prévus par ces conditions-cadres. Il n’y a donc aucun retard lié au vote négatif des Lausannois. Seule incertitude aujourd’hui, celle concernant l’avenir des Halles Nord, mais on cherche des solutions.

René Kamm estime plus généralement qu’à Bâle un tel refus aurait provoqué un tollé à tous les niveaux alors qu’ici rien de tel...

Lausanne n’est pas Bâle! La situation est différente. A Bâle, comme à Genève du reste avec Palexpo, les pouvoirs publics ont investi beaucoup d’argent pour leur centre de Congrès. A chaque fois, le peuple a été consulté et a dit oui. Et s’il avait dit non, croyez-vous vraiment que les gouvernements concernés auraient pu sans autre continuer d’investir des deniers publics? A Lausanne, c’est une coopérative qui a géré le Comptoir jusqu’à l’arrivée de MCH. Ce n’est qu’à partir de là que la Ville a investi de l’argent, soit quelque 140 millions, qui ont du reste en grande partie servi à éponger les dettes qui s’étaient accumulées.

Parmi les sujets qui fâchent, il y a aussi celui concernant les activités culturelles du théâtre de Beaulieu, qui grèvent lourdement le budget de MCH. Quelles pistes peut-on imaginer à ce sujet?

Dès son arrivée à Lausanne, MCH a clairement marqué son désintérêt pour les activités culturelles liées au site en précisant d’emblée qu’une solution devait être trouvée au plus tard en 2016. Nous nous sommes montrés ouverts au changement et nous y travaillons, mais tout ne peut pas se faire en deux coups de cuiller à pot. Ceci d’autant plus que MCH a clairement indiqué, à la fin de l’été, qu’il ne voulait plus non plus du Centre de Congrès. Nous sommes donc confrontés à la séparation des activités en trois avec, d’un côté, un théâtre et un Centre de Congrés pour lesquels nous cherchons des solutions et, de l’autre, les Expos qui seront sous le contrôle de MCH. C’est donc une réflexion approfondie qui est actuellement menée sur l’affectation future du site et des réponses plus précises seront apportées dans les 3 à 6 mois!