«Un facilitateur, entre plusieurs mondes»

ECONOMIE • Nommé le 1er juillet dernier, après un long processus qui a abouti à la création de son poste, Pascal Rocha Da Silva est le délégué à la promotion économique de Morges et de son disctrict. Bilan après six mois d’une intense activité.

  •  Pascal Rocha Da Silva, délégué à la promotion économique

    Pascal Rocha Da Silva, délégué à la promotion économique

Vous inaugurez un nouveau poste. Avez-vous le sentiment de partir de zéro?

Oui et non. Bien sûr, le poste que j’occupe vient d’être créé, mais avant, il se passait beaucoup de choses en matière de promotion économique, en particulier avec l’ARCAM (Association de la Région Cossonay-Aubonne-Morges, ndlr) qui avait déjà un peu ce mandat.

En quoi consiste exactement votre rôle?

Je suis délégué à la promotion économique. Le titre de délégué indique que j’ai une certaine marge de manœuvre, indispensable lorsqu’on exerce ce type de fonction. Ensuite, la promotion économique, cela indique que je dois accompagner tout ce qui concerne le développement économique de Morges et de son district. Car ce poste est né du constat clair qu’il manquait quelqu’un à l’interface entre le monde privé des entreprises et le monde institutionnel, deux univers qui n’ont pas toujours les mêmes modes de communication et les mêmes temporalités.

Vous êtes donc en quelque sorte un facilitateur…

C’est ça! Quand le directeur d’une grande entreprise est un Morgien depuis 30 ans, bien intégré dans le tissu local, il n’a pas vraiment besoin de moi. Mais c’est pour tous les autres, qui n’ont pas le temps ni la connaissance des structures locales que ce rôle de facilitateur s’exprime le mieux. Et ce rôle est très vaste car il va des petits commerçants aux grandes multinationales de la région.

D’autant que le microcosme de l’entreprise, que ce soit à Morges ou dans le district, est extrêmement varié, avec des problématiques et des intérêts souvent différents.

Quel a été l’essentiel de votre activité depuis six mois?

Il y a clairement un côté diplomate-ambassadeur à ma fonction, et du coup, je n’ai pas beaucoup été dans mon bureau car il m’a fallu aller à la rencontre de bien des entreprises (rires). Dans ce poste, le relationnel occupe une dimension très importante.

En quoi les entreprises sont-elles fondamentales pour les collectivités publiques morgiennes?

Pour Morges et sa région, l’intérêt pour les grandes entreprises et les PME s’exprime bien sûr en termes de fiscalité et d’emploi, en particulier pour les PME. Les petits commerçants indépendants pèsent moins dans ces deux domaines, mais ils jouent un rôle vital dans la vie de la collectivité. Il est donc important d’établir des liens avec tout le monde sans exception.

N’est-il pas difficile de concilier un mandat rempli pour deux employeurs, la Ville de Morges à 60% et l’ARCAM à 40% ?

Non, même si les besoins ne sont pas toujours les mêmes de part et d’autre. La Région est en recherche surtout de conditions-cadre comme par exemple les fréquences de train etc, alors que le besoin de la Ville de Morges, mieux pourvue en ce domaine, se fait d’abord sentir en direction des entreprises.

Ressentez-vous un appui clair de la part de vos hiérarchies?

Franchement, je n’aurais pas pris ce poste si je n’avais pas senti un vrai soutien. Tout le monde avait fait le constat clair d’un besoin réel en termes de promotion économique.

Quelle a été votre plus grande surprise au moment de votre prise de fonctions?

Que beaucoup d’entreprises sont contentes du simple fait qu’on aille à leur rencontre et que l’on soit à l’écoute de leurs besoins. Elles apprécient que l’administration soit à leur écoute, se soucie d’eux, et ce même si on ne trouve pas forcément de solution à leurs problèmes. Car on a beau relayer les difficultés en direction de la Ville ou de la Région, un grand nombre de réglementations ou de lois ne dépendent pas d’elles.

Quel est la prochaine étape dans votre action?

Nous arrivons gentiment à la fin de l’état des lieux de la situation, et je commence à avoir une vision globale. La prochaine étape est donc d’établir une stratégie qui sera formellement décidée en janvier prochain et sa mise en œuvre suivra immédiatement.

En quoi consistera cette stratégie?

Il n’est pas possible de tout faire, donc il est indispensable d’établir des priorités. La première de celles-ci est d’agir pour ancrer encore plus les entreprises qui sont déjà là. Cela implique de développer avec elles des relations de confiance, car au-delà des entreprises, nous avons d’abord affaire à des humains. C’est là que mon rôle trouve toute sa mesure.