Devoir moral, l'éditorial de Charaf Abdessemed

Evidemment c’est un sujet délicat. Tabou et délicat puisqu’il touche à la mort dans une société aussi éprise de jeunesse éternelle qu’en manque de spiritualité et qui fait tout pour l’oublier. Pire encore, le sujet concerne la mort que l’on décide de s’infliger à soi-même. Pas de ces morts que l’on décide après une mûre réflexion en faisant appel à des structures comme Exit, mais de ces morts brutales, prises sous lecoup de l’émotion, du désarroi et de la souffrance psychologique.

Interpellation sur les ponts lausannois

En 2019, le conseiller communal du Parti libéral-conservateur Nicola Di Giulio déposait une interpellation intitulée «Afin que nos ponts lausannois ne deviennent plus le théâtre d’actes désespérés – osons les filets anti-suicides ». Traitée en plénum au Conseil communal la semaine passée, l’interpellation a fait l’unanimité auprès des conseillers communaux. «Cette unanimité, je la ressens comme une grande satisfaction se réjouit Nicola Di Giulio, d’autant que le sujet est difficile et fait l’objet d’un vrai tabou dans notre société».