Ce qu'il faut voir - ou pas - au cinéma cette semaine!

Alors que «Tout simplement noir» réhabilite avec brio le cinéma engagé et engageant, Scooby est affligeant tant il dénature la série originale.

«Tout simplement noir» met les pieds dans le plat et gratte là où ça démange

A VOIR
Tout simplement noir
L’acteur-réalisateur-scénariste Jean-Pascal Zadi signe une brillante comédie sur les sujets brûlants du racisme systémique et la place des personnes noires dans la société française. Alors que les opinions s’échauffent à grands coups d’idéologies prémâchées et de raisonnements caricaturaux, et que les drames et les tensions raciales font de plus en plus la une des actualités, «Tout simplement noir» met les pieds dans le plat et gratte là où ça démange avec un humour en forme d’uppercut, aiguisé et direct. C’est bien écrit, intelligent, très drôle, c’est du cinéma engagé et engageant, qui nous fait éclater de rire et aussi réfléchir. Le film ne se veut pas militant, et c’est bien là sa grande force: sans vouloir donner de leçons ou réclamer quoi que ce soit, il pose simplement un regard lucide, bourré d’humour corrosif et d’autodérision sur la condition des personnes noires en France, tout en soulevant des questions profondes qui appellent à une vraie réflexion nécessaire pour combattre les communautarismes et le racisme qui gagnent chaque jour un peu plus de terrain. Sans aucun doute la comédie française de l’été!

A EVITER
Scooby
Ce reboot inutile des aventures du plus froussard et célèbres des clébards chasseurs de monstres n’a hélas ni le charme vintage ni la saveur absurde des épisodes originaux signés par les studios Hanna-Barbera dans les années 70. En voulant raconter les origines de l’inséparable duo Sammy/Scooby, aussi gourmands que froussards, cette nouvelle version rate complètement son coup. Le dessin-animé original valait avant tout pour son ton décalé, ses formidables doublages, et son ambiance de train-fantôme qui faisait plus mourir de rire que de peur. Ici, une 3D anonyme a remplacé le coup de crayon si particulier de la série animée, et les doublages sont d’une fadeur déconcertante. Enfin, en mode «menu best-of», le film convoque d’autres personnages légendaires des studios Hanna-Barbera, comme Capitaine Caverne ou Satanas et Diabolo, et on se demande bien ce qu’ils viennent faire dans une aventure de Scoobidoo, à part dénaturer complétement l’identité de la série originale.